Pourquoi un Treasury on-the-run peut-il offrir un rendement plus faible ?
Comprenez pourquoi un Treasury récent peut moins rapporter qu'un ancien et quel rôle jouent la liquidité, la demande et le repo.
Dans ce guideOn-the-run et off-the-run désignent la place du titre dans le cycle des adjudications
Bref résumé
Un Treasury note américain nouvellement émis peut afficher un rendement inférieur à celui d’un titre ancien comparable. Les investisseurs peuvent valoriser la liquidité et l’utilité du benchmark actuel ; l’emprunt de cette émission précise dans le cadre d’un repo peut aussi avoir une valeur particulière. À flux de trésorerie identiques, un prix plus élevé correspond à un rendement plus faible. L’écart observé ne prouve à lui seul ni une différence de crédit, ni une mesure pure de la liquidité, ni un arbitrage sans risque.
On-the-run et off-the-run désignent la place du titre dans le cycle des adjudications
Dans une tranche de maturité, le Treasury on-the-run est généralement le benchmark émis le plus récemment. Lorsqu’une nouvelle émission devient la référence du marché, le benchmark précédent passe en statut off-the-run. Ces termes décrivent un statut de marché : l’arrivée d’un nouveau benchmark ne modifie ni les coupons ni l’échéance promis par l’ancien titre, pas plus qu’elle ne change l’émetteur, le Trésor américain.
Les investisseurs et les intermédiaires peuvent préférer le benchmark actuel parce qu’il est plus souvent coté, négocié et utilisé pour les comparaisons. Ils peuvent également valoriser la possibilité de le négocier rapidement ou d’utiliser cette émission précise pour couvrir un risque ou financer des titres. Ces services peuvent inciter les acheteurs à payer davantage pour le titre on-the-run. À flux de trésorerie promis identiques, un prix supérieur correspond à un rendement inférieur.
L’écart de rendement on/off-the-run est souvent positif lorsqu’il est défini comme le rendement off-the-run moins le rendement on-the-run. C’est une tendance fréquente, pas une règle qui s’applique chaque jour à chaque paire de titres. Une explication utile commence donc par préciser ce que les deux rendements comparent, puis examine si la liquidité, la demande de benchmark, le repo ou des flux de trésorerie différents peuvent expliquer l’écart.
Il faut rapprocher les flux de trésorerie et les heures d’observation
Pour établir une convention explicite, définissons l’écart ainsi :
écart de rendement off-the-run = y_off − y_on
Si les deux titres sont suffisamment comparables et si y_off est supérieur, le titre on-the-run affiche un rendement inférieur et se négocie plus cher sur cette base. Cette notation ne rend pas identiques deux obligations dont le coupon ou l’échéance diffère. Le rendement à maturité tient compte de calendriers de paiement différents, des durées résiduelles et de l’exposition à la forme de la courbe des taux.
Une comparaison rigoureuse utilise la même date et la même heure d’observation, la même convention de rendement, la même tranche de maturité et la même source de marché. On peut aller plus loin en comparant le rendement de marché de l’obligation on-the-run à celui d’une obligation off-the-run hypothétique aux flux identiques, déduit d’une courbe off-the-run. La recherche de la Réserve fédérale de New York utilise une comparaison à flux rapprochés pour construire une prime on-the-run. Il s’agit d’une référence fondée sur un modèle, pas nécessairement d’une obligation qu’il est possible d’acheter.
Ne soustrayez pas le rendement d’une série Treasury à maturité constante à celui d’une obligation particulière pour appeler le résultat une prime on/off-the-run pure, sauf si les définitions des séries, les dates et la méthode de construction de la courbe rendent la comparaison pertinente. Une courbe ajustée peut réduire les écarts de maturité et de coupon, mais elle introduit des choix de modélisation et du bruit dans les cotations. Pour des obligations négociables, le CUSIP exact et ses flux de trésorerie restent importants.
La liquidité et l’usage comme benchmark peuvent soutenir un rendement plus faible
La liquidité correspond à la possibilité de négocier un volume utile sans concession de prix exceptionnellement forte ni attente prolongée. Le benchmark le plus récent attire souvent davantage d’échanges entre intermédiaires et sert de référence pour d’autres Treasuries. Les acheteurs peuvent accepter un rendement inférieur en contrepartie d’une obligation plus facile à valoriser, couvrir, financer ou vendre. La prime de prix rémunère ces services de marché ; ce n’est pas un supplément de coupon.
Une étude de la Réserve fédérale de New York fondée sur les transactions Treasury constate que l’activité et la fréquence des échanges diminuent lorsque les titres passent de on-the-run à off-the-run, tandis que les coûts de négociation effectifs augmentent généralement avec leur ancienneté. Ce n’est pas une loi applicable à chaque émission : certaines obligations anciennes restent actives parce qu’elles sont importantes pour la livraison de futures Treasury ou pour un autre usage précis. L’étude décrit un échantillon et des tendances mesurées, et non une cotation en temps réel ni une garantie pour un titre particulier. Voir l’analyse de la Fed de New York sur l’évolution de la liquidité des Treasuries avec leur ancienneté.
La demande du benchmark peut accentuer cette différence. Une émission très suivie peut être la première référence affichée par un intermédiaire ou utilisée pour décrire un point de maturité. Cette demande peut influer sur son prix même si l’émetteur, la promesse de paiement et les perspectives économiques générales restent inchangés. Son intensité varie selon les besoins de couverture, d’inventaire et de négociation des participants ; l’étiquette de benchmark ne garantit pas une prime stable.
La liquidité ne se résume pas non plus à un écart acheteur-vendeur affiché. Une étude de la Réserve fédérale constate que les écarts indicatifs peuvent mal représenter les coûts réels de négociation des Treasuries anciens et que la liquidité du benchmark influe sur le rapport entre ces écarts et les coûts. La taille de la transaction, le lieu d’exécution, la profondeur du marché et le titre concerné comptent. Un écart affiché plus large est un indice à examiner, pas une estimation complète du coût de vente d’une position. Voir l’étude de la Réserve fédérale sur les coûts de transaction et la liquidité indicative des Treasuries off-the-run.

Les caractéristiques de l’émission et les réouvertures influent sur la comparaison
« Treasury à dix ans » désigne une tranche de maturité, pas un calendrier de flux de trésorerie unique. Deux notes de cette tranche peuvent avoir des coupons, dates d’émission, durées résiduelles, dates de coupon et prix différents. Une petite différence de durée résiduelle peut compter lorsque la courbe des taux est inclinée ou courbée, et le montant du coupon modifie le calendrier et le montant des flux intermédiaires. Un écart brut entre les rendements de deux obligations de ce type mélange ces différences et tout effet on/off-the-run.
Les adjudications du Trésor comprennent aussi des réouvertures. TreasuryDirect explique qu’un titre réouvert garde le même CUSIP, la même échéance et le même taux d’intérêt ou spread que l’émission initiale, mais possède une date d’émission différente et généralement un autre prix. Une réouverture augmente la quantité d’un titre existant ; elle ne crée pas automatiquement un nouveau CUSIP distinct. Cette distinction aide à identifier le benchmark actuel et à comparer une émission plus ancienne. Voir le calendrier et l’explication des réouvertures d’adjudications du Trésor.
Le cycle d’adjudication peut modifier l’offre comme la demande autour d’un benchmark. Lorsqu’une nouvelle émission reprend le rôle de référence, l’attention des opérateurs peut se déplacer vers elle même si les conditions contractuelles de l’ancien titre restent identiques. Une réouverture peut aussi accroître le montant disponible sans changer le CUSIP. Pour étudier l’écart, les chercheurs peuvent donc contrôler le nombre de semaines écoulées depuis l’émission ou les événements d’adjudication ; ces ajustements aident à interpréter un échantillon, sans transformer l’écart observé en cause unique directement mesurable.
La repo specialness peut ajouter une valeur de garantie à l’écart de rendement
Un repo échange des titres contre des espèces, puis inverse l’échange à une date ultérieure. Dans un repo à garantie générale, ou GC, le fournisseur d’espèces accepte des titres appartenant à un panier admissible. Dans un repo portant sur un titre précis, il veut une émission nommément désignée. Lorsque cette obligation est difficile à trouver, son détenteur peut obtenir des espèces contre elle à un taux repo inférieur à celui appliqué à des garanties générales comparables. Cette situation propre au titre est appelée specialness.
La specialness compte pour l’obligation au comptant, car un Treasury peut avoir de la valeur pour ses paiements promis mais aussi comme garantie. Un acheteur peut payer davantage pour une émission utile au financement ou à la livraison, ce qui peut aller de pair avec un rendement plus bas sur le marché au comptant. À l’inverse, emprunter cette émission exacte peut coûter cher pour une position vendeuse. Le taux repo d’un titre et son rendement au comptant sont deux taux distincts ; le lien passe par la valeur et la disponibilité du titre, et non par une formule de conversion terme à terme.
La recherche de la Réserve fédérale sur le repo et l’intermédiation du marché obligataire décrit comment les frictions du repo peuvent affecter la liquidité au comptant. Elle explique aussi pourquoi l’avantage apparent d’une position qui exploite l’écart de prix on/off-the-run peut disparaître une fois inclus le coût d’emprunt du titre on-the-run. De son côté, l’étude de la Fed de New York sur le fonctionnement du marché Treasury traite la prime on-the-run comme combinant des effets de liquidité et de repo specialness, et utilise des variables de repo et de cycle d’adjudication dans une décomposition empirique. Aucune de ces études n’établit que la specialness explique chaque écart observé. Voir l’étude de la Réserve fédérale sur le repo et l’intermédiation obligataire et l’étude de la Fed de New York sur le fonctionnement du marché Treasury.
Un écart de rendement n’est ni un avis de crédit ni un arbitrage garanti
Les notes et obligations nominales on-the-run et off-the-run sont des engagements du même émetteur, le Trésor américain. Leur statut ne leur confère ni rang ni qualité de crédit différents. Leurs rendements de marché peuvent néanmoins varier en raison des flux précis, de la maturité, de la demande, des coûts de négociation, de la valeur comme garantie et de l’offre disponible. L’écart seul ne permet pas d’isoler le risque de crédit ni de prouver qu’un titre est plus sûr.
Un écart positif ne signifie pas non plus qu’un opérateur peut verrouiller un profit sans risque. Une position de valeur relative exige d’aligner convenablement les flux de trésorerie ou la duration et peut nécessiter de vendre ou d’emprunter le titre on-the-run. Cette jambe peut être exposée à la repo specialness, à une disponibilité limitée, à des conditions de financement changeantes et au risque de règlement. Les coûts acheteur-vendeur, l’impact de marché, les intérêts courus, les coupons, les erreurs de couverture, la marge et le délai avant convergence peuvent réduire ou effacer l’écart apparent. Celui-ci peut s’élargir, se réduire ou s’inverser pendant la vie de la position.
Ces frictions justifient de traiter d’abord l’écart comme une observation de marché. L’analyse de la Fed de New York contrôle la repo specialness et le nombre de semaines depuis l’émission pour estimer une composante de liquidité, mais elle constitue une décomposition statistique d’un échantillon. Elle ne fournit ni signal de transaction garanti ni prime de liquidité directement observée et parfaitement isolée. Une relation historique peut éclairer un mécanisme sans prédire le prochain mouvement d’une paire précise.
Un écart hypothétique de quatre points de base illustre le sens du chiffre
Supposons, à titre purement hypothétique, qu’une note on-the-run à dix ans affiche un rendement de 4,06 % à une date donnée. Une courbe off-the-run ajustée indique qu’une obligation hypothétique aux mêmes flux de trésorerie offrirait 4,10 %. Selon la définition précédente :
4,10 % − 4,06 % = 0,04 point de pourcentage = 4 points de base
Dans cette comparaison à flux rapprochés, l’obligation on-the-run est plus chère. Les quatre points de base illustrent le calcul ; ils ne constituent ni une cotation actuelle du Trésor, ni une prévision, ni une estimation du gain d’une opération. Ils ne se traduisent pas non plus par un écart de prix fixe en dollars sans les dates des flux, le coupon, l’échéance et le calcul prix-rendement.
Si une note ancienne réelle a un coupon différent et une durée résiduelle plus courte de plusieurs mois, soustraire le rendement du benchmark actuel à celui de la note ancienne donne un écart brut entre deux obligations, et non la mesure à flux identiques décrite plus haut. La courbe et le calendrier de paiement peuvent expliquer la différence, tout comme la liquidité ou la demande de repo. À une autre date hypothétique, si le rendement off-the-run comparable était de 4,05 % et celui du on-the-run de 4,07 %, le signe s’inverserait de deux points de base. Cela n’indiquerait pas en soi un changement de qualité de crédit du Trésor américain ; ce serait une autre observation de marché à examiner.
Une démarche pratique pour lire un écart on/off-the-run
Commencez par identifier les deux CUSIP, préciser s’il s’agit d’une émission initiale ou d’une réouverture, relever les coupons et échéances, et noter l’heure de chaque observation. Vérifiez que les rendements suivent la même convention et que les titres relèvent d’une tranche de maturité comparable. Précisez si l’écart est une différence brute entre deux obligations négociables ou une comparaison avec un rendement off-the-run ajusté à des flux identiques.
Examinez ensuite le mécanisme que les données peuvent étayer. Le volume de transactions, les coûts effectifs, la profondeur du carnet d’ordres et l’usage du benchmark aident à décrire la liquidité au comptant. Les taux repo du titre concerné, comparés à ceux de garanties GC similaires pour les mêmes dates et échéances, aident à déterminer si l’obligation était special. Un indice général de liquidité ou un écart acheteur-vendeur coté n’identifie pas à lui seul la cause du rendement d’un CUSIP précis.
Enfin, décrivez l’écart mesuré avant de lui attribuer une cause ou de parler d’une opération. « À cette date, la référence off-the-run à flux identiques affichait un rendement supérieur de quatre points de base » est un constat circonscrit. « L’écart provenait entièrement de la liquidité » ou « l’écart garantit un arbitrage » exige des éléments et des hypothèses qui dépassent deux rendements. Pour poursuivre sur le financement, consultez le guide sur le repo et le reverse repo et le guide sur le prix et le rendement des futures Treasury.
Questions fréquentes
Q1Un Treasury on-the-run affiche-t-il toujours un rendement inférieur ?
Non. Les titres on-the-run se négocient souvent à des prix plus élevés et à des rendements plus faibles que des émissions off-the-run comparables, mais l’ampleur et le sens de l’écart peuvent changer. Les flux, la demande, la liquidité, les conditions de repo et l’heure d’observation comptent.
Q2L’écart on/off-the-run mesure-t-il le risque de défaut ?
Pas à lui seul. Les deux titres sont émis par le Trésor américain, et leur statut on/off-the-run ne leur attribue pas une qualité de crédit différente. L’écart observé peut combiner liquidité, demande de benchmark, valeur de garantie en repo et différences de conditions ou de mesure.
Q3Puis-je considérer l’écart comme une occasion d’arbitrage ?
Non. Il faut des expositions rapprochées et des prix exécutables ; l’opération peut subir des coûts de financement, la repo specialness, une disponibilité limitée du titre à emprunter, l’impact de marché, des risques de règlement et de marge, et un écart qui s’élargit ou s’inverse. Une comparaison de rendements publiée ne garantit pas un gain.
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